Les familles comme celle de l’Adj Irvine sont de plus en plus nombreuses au Canada. Selon le Canadian Step Institute, près de 40 p. cent des mariages au Canada se terminent par un divorce, et 75 p. cent des personnes divorcées se remarient. Cela se solde par des familles reconstituées lorsque les partenaires ont des enfants issus d’une union antérieure.
Le Centre de ressources pour les familles des militaires d’Ottawa a récemment tenu un atelier à l’intention des familles reconstituées. Maria Balla, travailleuse sociale et fervente bénévole, a animé l’atelier. S’adressant à une salle comble, Mme Balla a donné des conseils aux familles, elle a répondu à leurs questions et elle leur parlé des ressources disponibles pour faire face au stress que peut entraîner une famille militaire reconstituée.
« Le plus important c’est de créer des occasions de passer du temps ensemble », dit Mme Balla. « De se concentrer sur les aspects positifs de la famille. Il est toujours mieux d’encourager que de décourager. »
Le défi d’une famille de militaire
Les affectations sont l’enjeu le plus important en ce qui a trait aux familles des militaires. Lorsqu’un parent part en mission pendant des semaines ou des mois à la fois, l’autre parent devient instantanément monoparental. À cela vient s’ajouter le fait qu’il doit s’occuper des enfants du parent absent–parfois lors de l’adolescence, une période tumultueuse pour bien des enfants–ce qui pourrait éprouver n’importe quel parent.
Les enfants jouent un rôle primordial quant au façonnement d’une famille reconstituée.
Selon l’Adj Irvine, ce qu’il appelle le « défi de la loyauté » serait une autre des difficultés des familles reconstituées.
« Il arrive parfois que vos beaux-enfants brisent la “chaîne de commandement”, qu’ils se confient à vous plutôt qu’à leur parent biologique parce qu’ils estiment que vous êtes des amis. C’est donc à vous de fixer les limites, car vous êtes un parent avant tout. »
Lorsqu’on vit dans de petites collectivités ou sur des bases militaires, tout le monde se connaît, et connaît les affaires des autres. Le potinage des voisins sur les problèmes d’une famille peut causer bien du mal, surtout aux enfants. Malgré cela, bien des communautés militaires entretiennent des liens solides avec leurs membres et tous s’appuient mutuellement. Les gens de la collectivité comprennent les enjeux des affectations.
Mme Balla rappelle que certaines des meilleures ressources pour les familles se trouvent sur les bases militaires.
« On y trouve des travailleurs sociaux, des centres de ressources, des groupes de soutien et des gens qui sont dans la même situation que nous. »
Une famille reconstituée ne ressemble pas à l’autre
Mme Balla affirme que les familles reconstituées sont complexes et particulières. Chaque partenaire entre dans la relation avec ses enfants. Ces enfants ont un autre parent qui pourrait lui aussi être en union. Les nouveaux couples pourraient avoir des enfants ensemble. Pas étonnant que l’on puisse parfois sembler dépassé.« Chaque personne entre dans la famille avec ses perceptions. Le bien dans tout ça, c’est que les enfants peuvent s’en tirer avec plusieurs modèles positifs et qu’ils seront aimés de chacun. »
Mme Balla souligne que les enfants sont résilients et qu’ils savent s’adapter à des situations difficiles.
« Il n’y a pas que les parents qui façonnent la famille. Les enfants sont courageux et savent s’adapter. Il ne faut pas les sous-estimer; n’oubliez pas de communiquer avec eux et de passer du temps avec eux le plus possible, qu’il s’agisse d’un souper ou d’une réunion de famille pour discuter et prendre le pouls de la famille. Surtout, mettez l’accent sur les aspects positifs de votre nouvelle famille. »
Pour de plus amples renseignements sur les ressources disponibles dans votre région, veuillez consulter le site Web de la Force de la famille.
Article : Laura Banks, Armée canadienne, Ottawa Photo : Cpl Bill Gomm, 38e Groupe Brigade du Canada